25/02/2007

Pourvu que je dorme

pourvuque

Il y a un chien à Tirana qui cligne de l’œil, une pute à Buenos-Aires qui me dit je t’aime, un petit mendient Tiruchirapali qui me regarde envieux, une femme amoureuse à Genève qui rit sans cesse, une autre à Trieste qui veut faire une promenade dans le Karst sur une 500 Kawazaki, une secte d’Américains hilares sur un bateau au milieu du lac Nasser, une folle à Central Park New-York qui ressemble à ma mère, un ahuri québécois qui veut flexer quelque chose, un français à Bruxelles dont le roman ne se lit pas, une veuve imbécile à Pise qui veut redresser une Tour, un soldat mourant au Cap Horn qui respire largement et un aréopage de lectrices de Eric Sœur Emmanulle Schmmitch qui me demandent si c’est bien trois euros nonante cinq centimes pour se ruiner l’âme à H***, capitale Mondiale de la Béotie. Tous ces gens qui m’empêchent de dormir. Je voudrais être au Pérou, Outsiplou, Pétaoucnok, Lilliput, Utopia, Nullepartland, Kosekin, Brissonte,… je voudrais être dans l’œil d’un champignon atomique. Pourvu que je dorme.

01:48 Écrit par Lucas Violin dans Gueuloir | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

23/01/2007

Je l'embrasse elle.

je lembrasse elle

Pour vendre son âme aujourd’hui, il faudrait démarcher longtemps. Le produit est dévoyé, notre société connaît d’autres armes de destruction massive que le vieux frère intellect et sa consœur honnêteté. Je dois à Bouvard et Pécuchet l’écho incessant depuis quelques semaines de cette question terrible : «  Pourquoi la science nous ouvre-t-elle des portes qu’il nous est interdit de franchir ? » Pourquoi mes amis ou prétendus tels se sont-ils laissés corrompre ? Je n’irai pas très loin. Je ne ferai pas mon trou, franchirai pas le Rubicon –faut-il être bête. Je ne me distinguerai pas, je ne vous offrirai rien, je ne donnerai pas un rictus zygomatique à un chien, pas une ligne à un aveugle, pas un mot à Dieu. Qu’on en crève, de cette médiocrité, puisque c’est votre vengeance. J’ai même plus le droit d’aimer comme bon me semble depuis que tout le monde meurt obstinément. Je l’embrasse elle, parce qu’elle ne lit pas plus que vous et que pourtant son besoin d’amour ne lui fait pas honte. Je l’embrasse elle contre vous tous pour que votre image me quitte, parce que je choisis mon Judas- par où je regarde, pas où on me regarde- et que vos livres à vous sentent le renfermé alors que le sien sent la fertilité. Je l’embrasse elle trouvez un autre dupe à votre monde hasardeux et vos amitiés de cellules en chapelet. Je veux qu’on m’aime sûrement - et mes haines – et ma faim. Je l’embrasse elle qui étreint et dévore ce qui me remplit en vain. Je l’embrasse elle.

14:45 Écrit par Lucas Violin dans Gueuloir | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/10/2006

 

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Exercice de style ou de rien du tout, je me résigne à me collusionner en résine sèche sur les mots du désespoir. Je ne suis que vomis mauvais sur la façade de la littérature. Ma littérature, celle qui fait un mètre cube sur la table qui fait office de cheval servant à mes nuits, celle-là même que j’aime comme une femme sublime, de celles qu’on aime sans les saisir, de celles qu’on sublime et qu’on méprise. Exercice de domptage imbécile je veux que ma flamme subsiste à mon éjaculation verbeuse, je veux que reste le rythme, quand bien même je m’abuse en d’infinies hilarités. Je veux suffire à mes-autres. Je veux me défaire, je souhaite que tu cesses de hanter mes nuits. Je veux que mon père me submerge d’amour, que ma mère se désigne enfin. Je veux le substantif de la gaieté, je veux un cheval fou au bout de chaque rue, je veux que la silhouette de Manon me jette un sort inaudible, je veux cesser d’avoir soif. Je veux avoir faim.

06:17 Écrit par Lucas Violin dans Gueuloir | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |