10/11/2009

Les jardins sans roses


CB Trop tard pour porter des seaux de larmes dans des jardins sans roses. Donner à la chose la main endolorie, saisir dans un sommeil clos des fleurs jamais écloses. Cueillir des choses inappropriées sur les chemins de nulle part, s’abandonner à un chagrin qui nous vient par hasard. Fredonner un air sous un Ciel labouré en vain où jaillissent éphémères des étoiles écarquillées. Rêver des morts, rêver dans l’écorce des couvertures, rêver ses remords en quadrature. Dans une lumière si forte que la disparition est une jeunesse atroce, voir tes traits battre la monnaie du souvenir. Cet écu le mettre en poche, poser les seaux, ravaler ses larmes, embrasser tes paupières qu’emporte le vent, comme les roses, comme tes roses. Et fuir enfin les jardins déserts de mes nuits, jusqu’aux lendemains infinissant où la peine seule comme un fruit me désaltère

11:32 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |