15/04/2009

Le lit de mes heurts

lit de mes heurts
On avait dit à l’enfant qu’il fallait gagner le lit. Et sa victoire sur le pucier, c’était sa prophétie. On lui avait dit de gagner le lit, qu’importent les coups les sanglots et les cris. Le lit de mes heurts c’est un lit une personne, une personne dans un pli, une personne dans un cri, une personne dans un ennui. Une personne- j’y dors seul j’y ris seul j’y pleure seul j’y jouis seul- drapé dans un cri, drapé dans un pli, drapé d’ennuis. Le lit de mes heurts est celui d’un gisant qui ne ressemble qu’à moi seul. Dans le lit de mes heurts, dans mon histoire récitée par cœur, l’épopée de mes erreurs, on dit que dormir est un leurre. Recraché trois fois (2h, 4h20, 6h) cette nuit (du 13 au 14 avril 2009) du lit de mes heurts (180x70cm) sommeil gâché (environ 6h50) solde insuffisant vainement atteint (environ 2h20). Pour peu qu’on soit. Et qu’on soit de bonne humeur. On peut se faire violence, les yeux en révérence, dans le lit de mes heurts. On se retourne encore dans le lit de mes heurts. On charrie des cauchemars on brasse des soupirs par-dessous l’oreiller, dans le lit de mes heurts. On ne peut parler la gorge nouée dans le silence de la nuit, dans cette contagion des certitudes blêmes dont elles sont atteintes, dont elles s’intoxiquent elles-mêmes, je veux dire les absentes, je veux dire les anéanties. On ne peut étrangler d’un regard leurs lèvres et leurs fards de chimères. On ne peut détrôner leurs silences, leurs sourires épars. Dans le lit de mes heurts, on dort comme on meurt. Succube, vous dormez sur le seuil de cette demeure.

10:20 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Âme soeur - amère - aimer à mort http://mikewelch.stumbleupon.com/

Écrit par : CM | 15/04/2009

Les commentaires sont fermés.