31/03/2009

C'est moi

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La nuit ne me dévore plus. C’est moi. C’est moi sur la nuit, qui dévore ma peine. Le jour ne me mord plus. C’est moi. C’est moi dans les éblouissements des yeux, qui croque et ronge vos regards heureux. Les femmes ne me sont plus belles. C’est moi. C’est moi qui appelle ces yeux-là sur elles, c’est moi par qui l’on voit. Les longueurs, plus rien d’éternelles. C’est moi. C’est moi qui déchire, c’est moi qui morcelle les heures, c’est encore moi. Son absence à elle. C’est moi.  C’est moi son silence, c’est moi son absence, c’est moi sa haine. C’est moi.  

15:30 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Pour des mots, d'autres maux No quiero que te vayas,
dolor, última forma
de amar. Me estoy sintiendo
vivir cuando me dueles
no en ti, ni aquí, más lejos:
en la tierra, en el año
de donde vienes tú,
en el amor con ella
y todo lo que fue.
En esa realidad
hundida que se niega
a sí misma y se empeña
en que nunca ha existido,
que sólo fue un pretexto
mio para vivir.
Si tú no me quedaras,
dolor, irrefutable,
yo me lo creería;
pero me quedas tú.
Tu verdad me asegura
que nada fue mentira.
Y mientras yo te sienta,
tú me serás, dolor,
la prueba de otra vida
en que no me dolías.
La gran prueba, a lo lejos,
de que existió, que existe,
de que me quiso, sí,
de que aún la estoy queriendo.

"La voz a tí debida"

Je ne veux pas que tu partes,
douleur, dernière forme
d'aimer. Je me sens
vivre quand tu me fais mal
pas dans toi, ni ici, plus loin :
dans la terre, dans l'année
d'où tu viens,
dans l'amour avec elle
et tout ce qui a été.
Dans cette réalité
enfoncée qui se nie
à elle même et prétend
n'avoir jamais existé,
qu'elle aurait juste été mon prétexte
pour vivre.
Si tu ne me restais pas,
douleur, irréfutable,
je le croirais;
mais tu me restes.
Ta vérité m'assure
que rien ne fût mensonge.
Et tant que je te sentirai,
tu me seras, douleur,
la preuve d'autre vie
dans laquelle tu ne me faisais pas mal.
La grande preuve, au loin,
qu'elle a bien existé, qu'elle existe,
qu'elle m'a aimé, oui,
que je l'aime toujours.

La voix qui t'est due - Pedro Salinas
Trad. C. Mendoza

Écrit par : CM | 31/03/2009

J'aime beaucoup ces textes; celui-ci et Rimbaud rampant; à la frontière du surréalisme ave une harmonie certaine entre sons et images.
Je repasserai faire un tour ici.

Écrit par : MULLER Géraldine | 06/04/2009

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