08/10/2008

Le chat immédiat

scene de crime 5

Ce chat avait manifestement décidé d'en finir avec la vie. Je me souviens du poème stupide de Maurice Carême à propos de ce chat dans les yeux duquel le soleil entra et resta. Je crois pouvoir dire que celui-ci a vu la lumière d'un peu trop près. Enfermé dans une pièce sans issue, il a dévoré les fils électriques et est mort carbonisé. On sait que les lapins se rongent la patte pour fuir les pièges des braconniers. On sait que les voies sans issues et les pièces closes poussent les claustrophobes aux pires réactions. On sait que Sisyphe ne regardait jamais derrière lui et que nous nous persuadons chaque jour que nous sommes dans un monde différent d’hier. On sait que les modernes ont réinventé l’immédiat, que l’immédiat est « modernissime » et toutefois sans exposant. On sait que le temps de la réflexion est un temps en soi et non un temps perdu. On sait qu’il faut, comme disait Bergson, laisser le temps au sucre de fondre. Mais quelle solution ce chat recherchait-il ? Mais qui sait ce qui traversa vraiment son esprit ? Qui sait s’il y a une heure du crime, ou seulement le temps de défier le soleil et les témoins à venir ?

13:42 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

tchatter iam very glad to writte to you this letter in order to know haw abaut you

Écrit par : ali | 06/10/2009

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