02/09/2008

Je ne veux plus tant voir.

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J’ai vu. Une seconde tes yeux roulent sous tes paupières- la migraine profonde se résout - une seconde les yeux tanguent et la mer s’éclairci dans la lumière féconde tes yeux dévêtus- je voulais les revoir la seconde a battu ma mémoire -une seconde et tes yeux je n’en revois plus l’onde. Quelques fois,  ho visto. Une seconde et je veux que l’absolument impossible me soit à nouveau permis, que rien ne s’efface plus que les indélébiles marques de ce qu’il y a de plus généreux dans le malheur. Talvolta. L’assurance que rien ne me reviendra plus que les images de l’irrévérence de la vie, de la congestion des amours, des impénétrables désastres de nuits sans heurs. Des nuits paisibles dans l’absolue indifférence. Des nuits où la migraine se résolve. Un relevé de compteur, un sourire, une fronde furtive, un accord sans directive, un appel manqué, une dérobade de la flanelle sous le vent, Mademoiselle, un autre regard, une seconde toujours, une seconde, pour des instants volés. J’ai vu. Non rien vu. Pas toujours. Je ne suis pas partout, je ne suis pas à tous, pas à vous, pas toujours, pas à moi, pas encore. Ca viendra. Je verrai bien assez tôt. Non. J’ai vu. Quelques fois. Oui, j’ai vu. Et vous ? Ce que l’Homme a cru ? La migraine profonde a cru, le fleuve -quelques fois une poésie- le fleuve en crue, la poésie balayée, asséchée. Le lit de la poésie : défait. Des milliers de secondes manquées. Les tiennes, les miennes, les vôtres, les nôtres. Et énormément de violence. Par les autres, pour les autres. Pourquoi aurais-je les yeux injectés de la colère d’images qui jamais ne s’y sont imprimées ? Pourquoi verrais-je encore jusqu’à corseter mon cœur ce que l’on dépose dans d’autres pièges irisés ? Pour que vivent des milliers d’autres sous mes yeux. Ció che l’uomo credette ? Qu’ais-je pu croire moi, de vous ? Que m’a-t-on laissé voir ici ? Et là ? J’ai vu. Je t’ai vue. Une seconde. Il n’en reste pas grand-chose, tous ces gestes dans une mer impossible. Une seconde. Mais ce n’est pas rien. La migraine profonde se résout et j’ai vu quelques fois ce que l’homme a cru voir ? Non. Je n’ai rien vu, je ne veux plus tant voir. Je ne veux plus percevoir que les impossibles ressacs de la mer qui s'éloigne. Je ne veux plus rien entendre des impossibles ressentiments des autres quand je ne suis qu'heureux dans tes yeux.

11:37 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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