11/08/2008

Inutile témoignage

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Peu disert, tapis dans l'ombre trop rare d'une chambre où je ne peux plus dormir qu'aux termes de suppliques, je ne ressens la vie que comme une controverse. J'ai vu hier les nuages sourds s'avancer dans la nuit gonflée de calme et j'ai entendu le craquement soudain de ces univers de nimbes et d'obscurités sacrifiés à la rencontre inutile des éléments. Inutile témoignage. Je relis une phrase dix fois sans la comprendre, quelque chose s'est passé aujourd'hui dans ma tête que je ne perdrai plus jamais, que je garderai à l'esprit. J'ai entendu cette histoire au sujet de Puccini et de sa femme Elvira trop jalouse et qui poussa une jeune bonne innocente au suicide parce qu'elle se figurait que la pauvre enfant était éprise de son mari (elle l'abordait en rue, la traitait de putain). Voilà une histoire bien étrange et sombre. Peut-être est-ce là ce qui me rend les nuages enfin si perceptibles, comme dessinés dans l'évidence, comme taillés dans la vérité des cieux. Peut-être est-ce cette certitude désormais qu'il a raison de dire qu'il n'y a que mensonge, jalousie, besoin d'assouvir son étrange désamour aux dépens de tous les autres pour éclairer un peu la vie de ceux-là. Peut-être que l'amour n'est pas le dessein du genre humain. Peut-être que l'anomalie vient de vous, Madame. Peut-être êtes vous l'alibi des nuages. Inutile témoignage. Inutile.

13:26 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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