13/06/2008

Freikörperkultur

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"De la vaporisation et de la centralisation du Moi. Tout est là. D'une certaine jouissance sensuelle dans la société des extravagants.
(Je pense commencer Mon coeur mis à nu n'importe où, n'importe comment, et le continuer au jour le jour, suivant l'inspiration du jour et de la circonstance, pourvu que l'inspiration soit vive)." Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu. Je commencerais nu sur cette plage. Une plage musicale. Une plage vive que rien ne peut fouler sinon les pieds glacés d’une femme éphémère. La même qui emmène l’Homme, par la main sous les feux d’un ciel qu’habite la mer. Je n’habillerais précisément que ce cœur pas bien épais dont mes côtes dissimulent à peine la maigreur. Le cœur sera donc bardé d’une écharpe légère, rouge, composée d’habile manière dans une étoffe sanglante. Le cœur respirera un peu mais les embruns de soleil le dissuaderont de gonfler trop brutalement. Il devra se recueillir d’abord dans la honte, battre comme le sable craque. Doucement. Anonymement. Unanimement. Parcimonieusement. Car ce cœur-là est trop impétueux, flagorneur et sot. Dès lors ce sera d’entrée la noyade pour le cœur, la noyade dans un brasier ou l’embrasement dans un flot éreintant. Ou alors non… Je lui ferai un cercueil au-dedans de lui. Des funérailles éternelles ou une petite mort solitaire. Et le cœur s’en ira impuissant. Sans jouissance sensuelle dans la société des extravagants. Jugez plutôt, Charles :

Un cœur mis à nu évaporé, décentré, rompu dans son extravagance.

Hans Bellmer, dessin crayonné.

16:07 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Epargne-moi s'il te plaît
le jour stérile
le dépoussiérage des souvenirs
les tempetes dans un verre d'eau
l'omniprésence du kitsch
les aigreurs gastriques
les amours
de battants de cuisine

Epargne-moi s'il te plaît
l'eau plate
les amis un peu lâches
et les ennemis trop paresseux
s'il faut tomber
tombons de haut
s'il faut couler
coulons a pic
jusqu'au fond de l'Océan

A.P.(traduit du polonais)

Écrit par : juste comme ça pour voir | 13/06/2008

Et à Jasper ce qui est à Johns ou vice-versa...

Écrit par : C. | 14/06/2008

Vous écrivé si bien que jai fayis plueré.

Écrit par : Violette | 16/06/2008

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