26/05/2008

En vie.

fontana
Inversion dérégulatrice de l’économie du plaisir, il s’est soudainement présenté à nous l’inappétence sexuelle inhérente aux moments de doutes qui saisissent l’homme moderne. Question de l’Identité, de son auto-violation par le double qui succombe à l’immédiat, s’inscrit dans une course, s’ébranle, plusieurs fois se noie, sombre dans le précaire, l’instable, l’éphémère du plaisir. Il n’y a, un jour, plus de plaisir dans le plaisir. Il reste une perversion imbécile, une pulsion pornographique, un détail libidinal qui n’éclaire plus la vie. Il y a une forme d’anecdote où tombe le désir, trop délétère, épars, insensé, mal écrit. La femme est désormais photographique. Glacée. Figée. Elle ne pense plus. Elle ne bande plus. Sa bouche se glace. Elle n’existe plus que dans une logique reproductive, mais plus la reproduction humaine, la reproduction de la pulsion précoce, amère, solitaire. La femme passe, repasse. Se presse. Et l’homme ne voit plus de rationalité à dévirtualiser son fantasme, à déposséder ses rêves de l’expression monopolistique de son envie. C’est l’été. La vie s’arrête en moi.

12:11 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Envies Est-ce le zeitgeist, est-ce l'âge que je subodore nous partageons, le fait est que cette déliquescence du désir sexuel a été sujet de maintes conversations ces dernieres semaines. Souvent, comme dans votre dernière phrase, Eros et Thanatos se rejoignent et le sujet reste : plaisir dépendant de l'échange entre deux, plaisir de se refuser au plaisir, incapacité de se laisser aller et crispations sans amertume, répondent comme dans un miroir d'eau, donc pénétrable, à la froideur du regard que l'on pose sur soi, au détachement qui s'impose comme non-rapport à autrui ou au monde, au sentiment que dans cette neutralité grise tout geste perçu comme agression est insupportable. Trop de conscience de soi? Pas assez de lucidité? Retour au nombril pour s'y noyer? L'envie s'en va, en tout cas. Reste parfois la tendresse. Pour soi, et éventuellement pour d'autres. Non? De là à la joie, par contre... toute une forêt vierge à traverser. Et toujours le plaisir de vous lire.

Écrit par : C. | 03/06/2008

Magnifique Merci Lucas d'avoir mis en exergue cette oeuvre de Lucio Fontana!

Écrit par : C. | 14/06/2008

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