14/11/2007

HUMAN LIFE TERMINATED

2005_060418juil0002
HUMAN LIFE TERMINATED s’inscrit sur l’écran comme une évidence. Le démiurge ne répond plus, et son notaire est un cadavre. 24 heures sur Lille. L’île. Lis-le. 24 heures. De retour d’un bref exil, il n’y a plus de lieu de reddition pour mon corps soustrait enfin à tout. On ne revient pas à la terre. Elle nous recrache sans cesse. On ne comprend pas l’amitié, si on ne la définit pas d’emblée comme une lutte collective, concertée et méthodique. Contre quoi ? Contre qui ? L’ennui et ses spadassins. Nous en sommes à ce point de rupture, de brisure. L’engelure sur les doigts s’est glacée, et la main s’est brisée. Il est là à Lille et lis là la ligne longue et relis relis la ligne là à Lille et là il lit la ligne finale et dis je dois donc dédier dix lignes à des dédales dis, dix lignes donc c’est long ça dis dix lignes, dis, lis donc la ligne, là lis-la, dis, lis, dix lignes, c’est long et le dédale est long et difficile, dis, dis et dédis le et dix ligne dis le dis, c’est long. Et il y a là à dans la Seine, alors que nous sommes à Lille et ça n’a pas de sens, mais la nuit n’en finit pas d’étendre ses bras vers les souvenirs lointains qui habitent d’autres villes, il y a là un cadavre dans la Seine et dans la même chambre d’hôtel, à quelques pas, il y a les effluves de l’Alsace, les vers sourd de Corneille et la lumière de Molière, Pierre Louÿs inaudible, le riche et laid Gide et les conquêtes qu’il laisse aux jalousies de l’histoire, une femme qui s’est perdue dans un sex-shop de province, perdue ? il y a des marins anglais philosophes « tu faisais quoi il y a cent ans ? » des bières, pas mal de litres, de l’amitié des tonnes, c’est même bien plus que ça, de l’eau de l’eau partout and not a drop to drink, de subtiles allusions à ce que pourrait représenter pour nous ce fil qu’indécemment certains ont prétendu tenir entre les doigts, un instant, le fil des idées, le fil de l’esprit, Thomas Mann comment as-tu fini ? Au bar de mes nuits, il y a Paul Meurrisse qui joue aux inspecteurs. Le matin finit toujours par me coffrer. C’est marre.

17:54 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.