24/08/2007

Le silence armé

silence armé
Regardons-les. Ils sont de retour. Et ils sont malades. Le Kranken Volk se récrie. Le peuple civilisé et nostalgique de violence, de crime, de mort. Ils descendent à pleine vitesse sur les effluents du monde vers un égout sans fin. Ils sont les victimes d’une paix trop longue, trop amère. Ils veulent du sang. Certains n’ont plus versé une larme depuis leur tendre enfance. Ils lisent, regardent, témoignent de leur répugnance mais intérieurement tout se tuméfie en eux, le sexe, le désir, le cœur, les veines se gonflent. L’exultation est trop lente à venir. Malaparte incisait, enfant, les veines des statues espérant en voir jaillir du sang. Nous voudrions que les livres en soient gorgés aujourd’hui. Nous voudrions que le tout agonise ainsi que le mérite le tout. Le je-ne-sais-quoi est un je-veux-mourir. L’instinct se comprime. L’idée qui s’écrase sur la rétine c’est la fronde, mais l’espoir c’est le repli sur son sabre. Le nombril écarquillé comme l’œil d’un mort. Le désespoir s’est niché dans un angle. La terre n’est plus ronde, le monde s’aplanit. C’est un triangle idéologique, et à peine une sphère géographique. Un triangle isocèle. Le grand angle on y est bien. Trop bien. Beaucoup trop. J’ai au ventre cette pulsion vengeresse : la Némésis n’a plus court, il nous faudrait l’exercer nous-même, me suggèrent les rêves. Je surenchéris dès le matin. Donnez-moi de quoi détruire ce qui s’ordonne trop bien autour d’un piège absurde. Le Capital comme un veau d’or… Je suis dans un cyclone. Moi je sais. D’autres savent. Le Capital c’est un projet, pas un Dogme. Sur les murs de Bruxelles, des « A » s’égarent comme les signes d’une déformation du genre humain, celui pour lequel la prose a tout dit –en ce compris l’imbécile- et qui ne peut comprendre la poésie. Le monde est dans ce travers-là. L’anarchie est insensée. C’est le projet surnuméraire. C’est le seul qui se passe aujourd’hui de bombes. C’est le plus dévoyé des projets et le plus regrettable des échecs. Le Capital un instrument de classe. La démocratie un appât pour personne. Le Communisme une idéologie. L’anarchisme un cocu. Les singes sur le trône, Nietzsche avait vu juste. Des singes, des voleurs et des menteurs. Des imbéciles. L’Etat c’est vous. Bien sûr. L’Etat c’est bien, mais il faut bien fermer sa gueule devant l’aliénation des dirigeants des dirigistes des directeurs des directoires. Sortez des musées les guillotines, des bibliothèques les livres maudits, les livres de l’enfer, les livres noirs, les livres rouges, les livres d’où se répandent sperme, sang et larmes. Venez Sade, Nietzsche, Céline, Malaparte, Apollinaire, Stirner, Rimbaud, Mirbeau, Molinari, Dostoïevski, nous refaire l’histoire perdue… Sortez de vos silences indignes. Sortez des hôpitaux la mourante et le moribond. Sortez des pharmacies les drogues et les éphémères. Sortez des cinémas les prolétaires. Sortez des magasins les chiens et leurs mémères. Sortez des parkings les cuistres qui vrombissent. Sortez des imprimeries les livres pour l’hiver, qu’ils alimentent le poêle à bois. Sortez des salons les vieux bourgeois confis. Sortez des universités l’intelligence qui meurt. Sortez des parcs les enfants séquestrés. Sortez des enfers blancs, les explorateurs lassés. Sortez, sortez. Sortons tous. Voyez comme l’histoire est un prétexte. Voyez comme la mort est proche et la machette au bout des bras de vos frères. Voyez le massacre qui renaît dans le sacre. Voyez mon poing s’écraser sur le clavier. ,jhnnbkjjtgrfhygf.
  

15:05 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |