10/04/2007

Je m'efface

je mefface

Il me faut réviser. Réviser mes classiques, mon jugement. Réviser aussi un peu le temps. Ajuster l’horloge et mes sentiments. Avec le Ciel qui moutonne noir depuis une heure, avec l’humeur étrange qui s’évapore depuis peu, avec l’angoisse naissante aux ventres des gens qui vivent ici, avec en un mot, la vie qui s’écoule, je me sens dans mon élément. Ni dans le flegme, ni dans la mélancolie. Seulement dans l’intelligence du moment. Il ne me faut réviser que mon jugement sur le monde pour me surprendre en plein bonheur. Pas la plus grande des sentences, mais à tout le moins un aveu de franchise, d’honnêteté, de quoi mettre en gage mon âme au Mont de Piété du silence et des quiétudes. A quoi bon tourner en dérision ceux qui pensent avoir trouvé la paix sur un autel ? La mienne est dans le chaos, dans la souffrance, l’irrévérence à mon endroit de ceux que j’aime. Ma paix à moi c’est un capharnaüm new-yorkais, une pétarade de motos sur les routes sinueuses du Karst où souffle un vent strident, le déchirement de mon cœur dans la jalousie, la crainte des amours défuntes, le vœu de n’être jamais abandonné. C’est à ce lieu précis où confluent les tourments romantiques que je me sens le plus en vie. Et je n’ai que ce besoin au monde, « me sentir en vie », qui appelle tous les autres. C’est là que je suis au creux de moi, c’est là que je m’efface.

11:43 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

°] J'aime ce côté noir de la vie.

Écrit par : Melo | 10/04/2007

A nouveau superbe. Bijou noir ciselé à l'angle d'une émotivité éclectique et insatiable.

Écrit par : . | 10/04/2007

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