24/03/2007

Marche vive.

cain merche vive

Ce qu’il y a de vif entre nous. C’est à ça que je pense. Et je marche. J’aime marcher. Je pense en marche, et c’est mon cerveau qui foule le pavé. Ce qu’il y a de vif entre nous. Ce qu’il y a de vif en moi. Au fond résolvons nos états d’âme dans l’ordre. Tiens, là est écrit : TRANSPORTS DE VIANDES. Un : Mes voyages. Deux : Nos transports. Prenons tout ça à bras le corps. Ce qu’il y a de vif entre nous. Ce qui est abrasif aussi. À côté du nom de chacun de nos amis, dans nos calepins respectifs, il y a le numéro du Centre anti-poison. Pas vrai ? Bon, reprenons. Pied gauche foule pavé ; pied droit entraîné par genou droit semi-flexion avant tension de la jambe. Pied droit au sol, pied gauche dans l’entraînement identique. Pied droit dressé, pied gauche à hauteur d’épaule. Bras gauche envolé. Bassin tournant sur lui-même comme dans une filteuse. Tête heurtant le pare-brise. Cheveux tachés de sang. Goudron dans la bouche. Mais non. Reprenons dans l’ordre. Pied droit au sol. Pied gauche entraîné par genou gauche en semi-flexion, avant tension de la jambe. Difficile de le croire, mais l’Homme est en marche. Difficile de le croire. A moins d’un accident. Bon, alors. Et là, tiens, il est écrit ENTREE FUNERARIUM. Comment on vient au monde d’accord. Mais par où on en sort ? Il y a une porte dérobée au fond de nos têtes. Il faut beaucoup marcher pour la découvrir. Il a plu ici cet après-midi. La rue sent encore la pierre trempée. Pied droit. Pied gauche. Voilà qui est bien. Très bien. LIQUIDATION. Les mots sont violents aujourd’hui. Les rues sont pleines de mots violents, meurtriers même. Même le sens interdit me semble un peu cannibale avec sa tête de rougeaud et sa grande gueule immaculée en travers. L’homme est en marche. Difficile de le croire à la lire dans les rues. Si l’homme est en marche, toujours, il cherche la porte de derrière (s’il marche vraiment). Je vous ai dit que je marchais souvent ? Je marche comme Cain, je marce comme Eve. Je marche pour la culpabilité. Je milite pour elle. Je veux que le Monde survive à la culpabilité. Je marche contre Dieu. Je marche pour l'Homme. Et il parait que lui aussi marche pour moi. Tout ce qu’il y a de vif en moi, très souvent, je l’emmène en promenade. Ce qu’il y a de vif en moi, ma part de lumière à moi (il y en a une, je sais que je suis trop dur pour ne pas contenir une explosion) photographie les démarche. Voilà, peut-être qu’il s’agit de ça. Ce serait mon travail. Je me le serais assigné seul. Je regarderais les hommes marcher et les mots qu’ils auront laissés derrière eux. Et ça en ferait des kilomètres de pensées. Si vous ignorez encore à quoi peut bien ressembler l’univers, il vous suffit de laisser bout à bout l’ensemble de vos pensées une fois écrites. Faites un nœud en leur milieu, pour ne pas vous perdre. Voilà c’est ça. RECRUTONS ARPENTEURS. J’écris sur ma façade avant de claquer la porte.     

12:12 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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