08/03/2007

Les trains de nuit

fin de partie

Fin de course pour un train qui jamais ne déraille. Ses regards se ferment. Fin de course, fin d’un regard qui n’aboutit nulle part. Le train s’enfonce dans la nuit comme dans une vague énorme qui dévaste tout. Le vague, la vague. Le noir. Un terrain vague enfin conquis. Dans les reflets des fenêtres on voit des silhouettes absurdes qui se cherchent des yeux. Tout s’anime dans l’inverse. J’aime une femme qui me veut des cauchemars qui me parlent d’elle. J'aime une femme. C'est déjà ça. Je ne renonce plus à rien. Demain matin, si au réveil il n'y a plus personne dans mon lit [plus personne - NO BODY], ce ne sera pas grave. Grave pour personne. Si demain matin arrive non plus ce ne sera pas grave. Le train lui, ce train qui ne déraille jamais, ce train là non plus n'arrivera pas; ses passagers seront assoupis sur le quai de mon oreiller, le cauchemar a commencé, son cliquetis est lent mais précis, sa marche incontrôlable. Si demain, si demain. Et si j'annulais mes rendez-vous et que je te retrouvais au bord d'un gouffre. Un gouffre de lumière. Un gouffre d'existence. La vie c'est un abîme rempli de mots. C'est au bas de ce ravin qu'a atteri ce train.  

23:48 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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