17/02/2007

Syllepses de rêves

syllepses 2

"Si je parle du temps, c'est qu'il n'est pas encore,

Si je parle d'un lieu c'est qu'il a disparu,

Si je parle d'un homme il sera bientôt mort

Si je parle du temps c'est qu'il n'est déjà plus."

Raymond Queneau, l'explication des Métaphores.

 

Pour la Mort, l’amour est un épiphénomène psychologique. Elle me tend ses bras d’albâtre, le soir, et m’y berce lentement. La nuit je me couche sur une femme que sculptent mes yeux dans l’épaisseur obscure. Elle a les mains tranchantes. Je mordrai dans la pierre dans le marbre ou le grès, j’écarterais la fonte, je surgirai sans fin dans tes visions absurdes. Faire l’ange, ne rien recevoir, ne plus rien avoir à enfreindre que la loi écrite sur ses hanches au fer rouge.

N’être plus rien et nulle part. Confondre l’insecte dans l’ambre, ma vie dans l’écrin de son con. Réécrire une comptine pour des enfants sans âme, immoraux, fantômes… et devenir eux chaque jour.

Chaque jour que fait Dieu, chaque colonne qu’il dresse entre la Vierge et l’Ange, chaque dalle sans inscription où avance un serpent, les compter. Les compter. L’Eternité, l’éternité, laissez moi-le temps de compter jusqu’à dix, dit Louis Aragon. Un, deux, trois.

Un. Un. Un.

Répéter, répéter encore. Mesurer combien pèse le silence maladroit qu’elle laisse traîner sur moi. Répéter, répéter, à voix basse. La langue remue encore, s’endort dans ma bouche malade. La langue prolonge le muscle du cœur. C’est évident. Evident. L’évidence aussi, cette saloperie, il faudrait l’exiler. La charteriser, la karcheriser, la mailer sur une not found address.

Et puis surtout, se décapiter un peu. Se laisser le loisir d’une décollation de temps à autre. Guillotinez-vous vous même en quinze jours ! Trouvez Salomé, faites lui un sort. Il n’y a pas de plateau assez grand pour vos idées.    

15:19 Écrit par Lucas Violin dans Défouloir | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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