14/02/2007

My so [un]funny Vantine

unfunny valentine

 

Un jour de Saint-Valentin, je pense que s'imposait ce petit retour à des sources qui ne sont pas tout à fait les nôtres pour évoquer un sentiment qui nous est toujours plus ou moins dérobé par le temps par la vie et par ce traitre sublime entre tous : l'être aimé.  

 

Chanson de suicide des amants.

(Na Khi, Mo-So.)

 

Les amants de Na Khi se suicident volontiers quand ils s’aiment hors du mariage, afin de ne pas être séparés.

 

La Jeune fille

 

Je t’aime, ô jeune homme.

Pourquoi

es-tu né dans cette demeure –

le seuil doré de ta demeure

tu l’as franchi en partant –

ta mère qui te mis au monde,

tu dis que son cœur est doux –

tu penses certes à ta mère

et ton cœur n’est pas triste –

mais pourquoi être triste ?

Tous tes parents –

les champignons au pied des pins –

ils vieilliront

comme le champignon au pied du pin

et ils mourront, telle est la loi,

il faut mourir on ne peut fuir…

Tous les deux

demain ou après-demain

ensemble à jamais nous irons

nous tenant par la main –

nous pouvons le faire.

Dans la vie, dans la mort nous suivons une route

nous deux –

la source meurt dans les rochers.

Plus vite nous mourrons,

nous renaîtrons plus vite…

O mon amour passionné,

que ton cœur ne soit pas triste

ce soir d’or,

cette nuit !

Tu es né dans un petit village –

les gens qui ne nous aiment pas

nous chercherons comme aiguille perdue –

ils te chercherons, ô mon amant

et ils me chercheront –

ce soir doré

cette nuit même.

Sur les neufs Montagnes, au pied des pins –

les faisans appellent –

je t’aime –

ne montre pas de remord –

ne pense ni à droite ni à gauche.

Le poison doré, l’huile empoisonnée,

buvons-en .

Viens dormir, dormir.

A quoi penses-tu ?

Dis.

 

Le Berger.

 

Moi

penser à la gauche et à la droite ?

Non je n’y pense guère –

en hiver le hibou appelle.

Telle est la coutume –

les mots sont sans fin –

je voudrais mon cœur plus triste –

mais je me tairai.

Le poison doré, l’huile empoisonnée,

il nous faut en boire.

Buvons ensemble –

tous les deux

abordons la terre des morts.

Il nous faut partir –

nous devons partir !

 

extrait de Trésors de la Poésie Universelle, Gallimard Unesco, sous la direction de R. Caillois et J-C Lambert.

12:05 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.