23/01/2007

L'autre nuit.

lautre nuitbleu

L’autre nuit. C’était une autre nuit. Des insectes sans ombres faisaient au plafond des arabesques étranges, des chrysalides naissaient des monstres volants et dans ses bras je trouvais la résidence de mon réconfort. Gadgétisation du rêve, les idées sont sous plastique, à des milliers d’exemplaires on n’a plus qu’à se baisser se servir et payer son génie. Il n’y a plus rien à trouver, l’univers fini est finit, les espaces clos sont clos et les regards se ferment comme des mains se serrent en poings. La nuit la gagne, le cauchemar se distille. Un cauchemar blanc, comme une détente de l’éternité. Et dans ses yeux, pourtant, elle invente le désespoir : le désespoir conquis, le désespoir soumis : c’est là qu’on le trouve à l’état brut. C’est le diamantaire du désespoir cette femme qui me regarde. De toute la colère qu’elle porte en elle, elle sourit. Elle me sourit. Et ses bras se lient sur sa poitrine quand elle dort, quand tout alentour devient hasardeux, quand l’obscurité érode les contours. Nuit bleu, bleu nuit. Note bleue, bleu gris, gris vert. Ses yeux sont secs. Elle ne regarde pas très loin, mais elle voit tout autour. Elle est ce qu’on suppose ne devoir jamais finir quand ses yeux atteignent les vôtres. Alors le monde s’adresse à vous en majuscules. Le brouhaha s’installe dans l’hiver nocturne. Et rien dans la chimie ne vous rendra jamais plus vos nuits éternelles. Elle m’a endormi.    

14:45 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

bein alors t'es revenu ? Ah toutes ces filles ! Ou bien est-ce la même qui revient en boucle dans les cheveux de tes songes ?

Écrit par : di folco | 31/01/2007

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