23/01/2007

Je l'embrasse elle.

je lembrasse elle

Pour vendre son âme aujourd’hui, il faudrait démarcher longtemps. Le produit est dévoyé, notre société connaît d’autres armes de destruction massive que le vieux frère intellect et sa consœur honnêteté. Je dois à Bouvard et Pécuchet l’écho incessant depuis quelques semaines de cette question terrible : «  Pourquoi la science nous ouvre-t-elle des portes qu’il nous est interdit de franchir ? » Pourquoi mes amis ou prétendus tels se sont-ils laissés corrompre ? Je n’irai pas très loin. Je ne ferai pas mon trou, franchirai pas le Rubicon –faut-il être bête. Je ne me distinguerai pas, je ne vous offrirai rien, je ne donnerai pas un rictus zygomatique à un chien, pas une ligne à un aveugle, pas un mot à Dieu. Qu’on en crève, de cette médiocrité, puisque c’est votre vengeance. J’ai même plus le droit d’aimer comme bon me semble depuis que tout le monde meurt obstinément. Je l’embrasse elle, parce qu’elle ne lit pas plus que vous et que pourtant son besoin d’amour ne lui fait pas honte. Je l’embrasse elle contre vous tous pour que votre image me quitte, parce que je choisis mon Judas- par où je regarde, pas où on me regarde- et que vos livres à vous sentent le renfermé alors que le sien sent la fertilité. Je l’embrasse elle trouvez un autre dupe à votre monde hasardeux et vos amitiés de cellules en chapelet. Je veux qu’on m’aime sûrement - et mes haines – et ma faim. Je l’embrasse elle qui étreint et dévore ce qui me remplit en vain. Je l’embrasse elle.

14:45 Écrit par Lucas Violin dans Gueuloir | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Merci pour elle... Il est des valeurs que peu de gens connaissent (reconnaissent)... A nourrir ses caresses de vos propres baisers, vous l'honorez.

Écrit par : Une Lectrice. | 14/01/2007

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