05/12/2006

Ange blond

trop blonde

 

A Aurélie Bastin, un fantôme de l’enfance que j’ai cru croiser un soir dernier dans un train.

 

Elle est très belle. Elle est très blonde. La vitre découpe derrière elle la nuit en poignées de secondes. Le train écrase le temps dans chaque tour de roue. Personne ne sait pour qui personne ne sait à quand, et la reverrai-je ? Presque trop belle, sûrement trop blonde, elle brûle et derrière elle le jour s’effondre. L’ange c’est ce par quoi le désir violent se transforme en langage, ce par-quoi parlent les images. L’ange de ce soir est très belle, très blonde. Elle effraye les secondes ; un sourire de moi l’injurie. Sa langue claque dans sa bouche amère, ses yeux de tueries virent au flou. Elle folle moi conquis elle en cloque de silence moi dans la claque immense du vent sur les chevilles de la roue sur le rail. Moi hors le train déjà, hors la vie, hors le monde. Hors scène. Obscène. Elle en ange, bras croisés, blonde comme un soleil d’hiver quand l’hiver est l’été. Elle si belle et la plume pense à peine. Elle le jour, l’idée d’elle, moi mon âme autour, moi mon amour pour elle comme un vague à l’âme à l’entour. Moi pour elle son émoi ma peine. Un œil sur moi un œil un détour. Tu sais combien de fois il m’a fallu mourir ? Pour revenir, seulement pour te revenir ?      

17:10 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Elle effraye les secondes très beau poème à l'Ange Blond. Et quel magnifique photo. Tu nous gâtes avec ton Art...

Écrit par : joE | 07/12/2006

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