09/11/2006

Leur alibi

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On était devenus leur alibi, Christine, chère amie, ce pourquoi ils avaient décidé de baisser les bras. On avait tout à leur offrir, un sourire, une conversation enrichissante, une bonne baise, un savoir-vivre-être et aimer. On avait quelque chose en nous qu’ils haïssaient parce qu’ils l’avaient perdu. Tu vois, c’est à ce point là qu’il se peut toucher le désespoir ; pas le nôtre : celui des autres, celui que tu suscites. Le tien, il sera trop tard pour en voir les effets. Trop tard, toujours trop tard. Il s’embarque chaque matin des pelletées d’hommes sans âmes dans des trains à double étage, tu en verras encore passer. Des femmes silhouettes claqueront encore longtemps ma porte avant d’être dévorées par l’aube. Tu n’auras probablement plus jamais l’occasion de dire tu à quelqu’un que tu crains, ni vous à quelqu’un que tu aimes. Tu ne feras jamais plus l’amour sans en ressentir la part d’immonde, tu ne verras jamais plus que ta mère au fond de tes yeux dans la glace et ton père dans le froncement de tes sourcils. Tu diras jamais plus souvent qu’à ton tour, et tu mentiras toujours. Tu te drogueras, tu renonceras, tu boiras jusqu’à vomir pour oublier la faim, tu ne franchiras plus que des portes inconnues, tu nieras la folie que tu envies, qui te frôle. Tu te verras finir pour les autres, toujours pour les autres. Tu te diras que Mère Thérésa a son double dans la dépravation et tu auras tort. C’est toi la sainte, toi leur alibi, toi qui ne renonce pas. Le jour où tu les verras au bord du gouffre, il faudra avoir fait front.  

18:17 Écrit par Lucas Violin dans Défouloir | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

je n'ai jamais su parlé aux filles, je crois que Christine a bien de la chance, et de suivre de tels conseils elle doit.

Écrit par : di folco | 23/11/2006

Lucas en Noir je t'avoue, c'est beau. Comme as usual, je te envie de tes textes voluptés et caressants. Tu es italien à en mourir, c-a-d, beau, mâle, rèche et enviable. Cristine elle a de la chance... et moi, alors, quand tu daigneras jetter tes yeux sur ma carcasse? Tu sais bien comment ze t'M, à faire pâlir le patron de VW.
Forest n'est plus la même, moi non plus, mais merde, dis-moi que TOI AUSSI tu m'M

Écrit par : joE | 25/11/2006

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