23/09/2006

Je me sauve la vie

 

Ce qu’il y aurait à dire. A qui faudrait-il le dire ? Je me suis encore persuadé de me sauver la vie. Combien de temps encore ? Combien encore ? Monsieur, Combien cette gravure dans la vitrine ? Comment, combien, combien encore ? Vous comprenez, il me la faut. Oui. Il me la faut. Je connais ce tableau. Je l’ai vu si souvent. A Trieste, au Revoltella. Ce tableau vit en moi maintenant. Personne ne peut plus le voir vraiment sans moi. Combien ? Vous comprenez ce sont les sentiments. Oui, je sais c’est cher. C’est coûteux un sentiment. Ca se nourrit de nous. Oui. Je la prends. Bien sûr que je la prends, m’en éprends, déjà j’en dépend. Je ne me pends pas. Non. Je reprends du service. Votre service. A la vôtre. Au vôtre. A votre service, mes sévices, ce supplice. A votre regard complice. Voilà pour vous, voilà pour moi. Affaire classée. Je me sauve la vie à grands coups de portefeuille. Et vous, vous entendez Beethoven ?

 

Lionello Balestrieri, Beethoven 1900, gravure d'après original par l'auteur. Médaille d'or de l'exposition universelle de Paris.  

00:49 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

. Un peu de Trieste à demeure bouffées de souvenirs ou de nostalgie à chaque regard distrait à la gravure, cela n'a pas de prix.

Écrit par : . | 23/09/2006

combien? Justement ci quelqu'un pouvait me donner un prix a cette gravure ??? merçi

Écrit par : ELLE | 12/10/2007

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