20/09/2006

Hécate et son chien

 

Les chiens sont par centaines, on se croit autorisé à se compter parmi eux. Un chien. Un autre. Le chien de ces maîtres-là, l’ombre de ces maîtres désarticulés. De ces maîtresses. On ne gagne jamais sans muselière. Il faut se faire au silence qu’elles imposent, il faut y succomber à ces succubes, comme lève-la patte. Il faut s’avouer bien cynique au fond, bien au fond, n’avoir pas peur de la mort mais en feindre suffisamment l’ombre sur nous pour susciter l’effroi. Il faut leur dire qu’elles peuvent nous aimer sans espérer rien, alors qu’on hurle en soi déjà. Il faut se faire aux autres chiens, il faut se faire à la laisse, aux loups, à l’ivresse et son nœud autour du cou. Il faut s’en aller mourir seul au bout du monde, dans le silence et l’ignorance ou flamboyant sous la roue d’un quinze tonnes. La vengeance sur l’existence, c’est d’abandonner ses maîtres.

Hécate ricannait dans un coin de ma chambre. Je grince de n'entendre plus sa voix dévorante.

 

Oeuvre sans titre (je suggère Hécate) de Charles Marko, ami peintre.

00:12 Écrit par Lucas Violin dans La Prose du Monde | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

une bonne journée A+

Écrit par : Charles | 20/09/2006

Sublimis rouge sombre comme cette couleur
merci pour Joe ...

Écrit par : Discrète | 20/09/2006

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