08/09/2006

 Sortie de route

Sortie de route.

 

 

La pluie s’écrasait sur le carreau

comme des glaires.

Quelqu’un m’aimait.                      Il y avait la léthargie

des étoiles

il y avait le ressentiment.             Quelqu’un m’aimait.

Il y avait ma chambre                              toujours

 

plus petite             le café                         toujours

 

plus fort

 

la nuit

toujours

plus obscène.

 

L’obscénité c’est une embardée hors le théâtre du monde.

Quelqu’un m’aimait.                                  Il y avait la solitude

tremblante

le quant-à-soi sur lequel restaient les heures.             Quelqu’un m’aimait.

Il y avait la solitude

troublante         il y avait le souffle             en saccade

du papier   qu’on épuise.

Quelqu’un m’aimait.

Il y avait un berceau vide dans chacune de mes nuits. Quelqu’un m’aimait. Il y avait des cendres dans

mes poches

il y avait du sang dans mes larmes.

Quelqu’un m’aimait

Il y avait la mort au bout.                         Quelqu’un m’aimait.

 

La pluie, toujours la pluie en traînées noires, le poussier au fond des poumons, le pucier seul, seul au fond de la maison, toujours seul. Au fond.

 

 

Lucas Violin. 7 septembre 2006.

22:19 Écrit par Lucas Violin | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

si seulement tu me lisais quelques fois ... "Tu me plais quand tu te tais car tu es comme absente,
et tu m'entends de loin , et ma voix point ne te touche ,
on dirait que tes yeux se seraient envolés
et on dirait qu'un baiser t'aurait scellé la bouche.
Comme toutes les choses son emplies de mon âme
tu émerges des choses, de toute mon âme emplie.
Papillon de songe , tu ressembles à mon âme , et tu ressembles au mot mélancolie.
Tu me plais quand tu te tais et quand tu sembles distante
Et tu sembles gémir papillon dans la berceuse.
et tu m'entends de loin, et ma voix ne t'atteint pas .
Laisse moi me taire avec ton silence .
Laisse moi aussi te parler avec ton silence
clair comme une lampe, simple comme un anneau,
tu es comme la nuit, muette et constellée .
Ton silence est d'étoile, si lointain et si simple
tu me plais quand tu te tais car tu es comme absente.
Distante et endolorie comme si tu était morte .
un mot alors, un sourire suffisent.
Et la joie que ce ne soit pas vrai, la joie m'emporte.

Pablo Neruda - Une chanson désespérée

Écrit par : Discrète | 23/09/2006

Chère Discrète Vous ignorez combien vous visez juste. Ce poème, je le lui avais envoyé. Je crois que nous ne lisons jamais rien par hasard. Merci.

Écrit par : Lucas Violin | 23/09/2006

le fond de la pluie ........merci

Écrit par : pianocktail | 16/12/2007

Les commentaires sont fermés.