28/08/2006

Tour du Monde de la poésie [3]. Tadeusz Rozewicz.

 

DESIR

 

À la mémoire de Tadeusz Borowski

 

Je voudrais aujourd’hui parler un langage si imagé et si clair

que les enfants accourent vers moi comme vers un parc

baigné de soleil et gorgé de lumière

 

Je voudrais aujourd’hui parler avec tant de chaleur et de simplicité

que les personnes âgées puissent se sentir utiles

 

Je voudrais parler d’une manière telle que mes paroles

à travers les larmes atteignent l’éclat des sourires

 

Je voudrais aujourd’hui parler avec calme et douceur

afin que les gens puissent se reposer avec moi

rire et pleurer

et se taire et chanter

 

Je voudrais aujourd’hui parler avec rage et sévérité

afin qu’ils retrouvent leurs rêves égarés

l’Aile jadis jaillie de leur épaule

 

Je voudrais ne pas parler

mais agir avec des paroles

pour que les hommes de leurs mains

touchent mes paroles 

 

extrait de Inquiétude de Tadeusz Rozewicz, traduit du polonais par Grazynah Erhard, Buchet Chastel, Poésie, Paris, 2005 

13:45 Écrit par Lucas Violin dans Tour du Monde de la Poésie | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

:-) Bonne semaine, bonne continuation ;)

Écrit par : kadomi | 28/08/2006

en lisant ces très beaux "désirs" comme "Parler avec tant de chaleur et de simplicité" je pensais à Marina Tsvétaéva et vous adresser un court poème ; mais voilà je viens de lire un de ses livres, et je l'ai mis quelque part, je ne le retrouve plus, je me souviens seulement de m'être dit - ne lit pas tout maintenant, ce n'est pas le bon moment pour toi ; je me souviens par contre qu'elle s'est pendue un 31 août - après avoir perdu sa fille et mon mari - dans 2 jours donc anniversaire de sa mort.
j'ai l'air sinistre, mais ce n'est pas le cas ; et ce poème sur votre blog ressemble bien à ce que l'on voudrait être ..
et pas honte à moi s'il y a des fautes de frappe je ne me relis pas

Écrit par : la discrète | 29/08/2006

"après avoir perdu..." "après avoir perdu sa fille et mon mari". Pas de faute de frappe, vraiment, mais j'espère que ça ne cache aucune douleur.
Tsvétaïeva ?

Écrit par : Lucas Violin | 29/08/2006

horrible lapsus ... je suis punie ; je transgresse toutes les règles ; et voilà le résultat ...
je me mets en chast-com jusqu'au prochain ;-)))
mais après ma journée laborieuse, je laisse tomber et je n'analyserai pas mes propres lapsus ...
cependant je préfère avoir écrit "après la mort de mon mari" qu'après "la mort de ma fille ". Et merci pour votre très sensible réponse et votre sollicitude pour le cas où il se serait agit d'une réalité.

Écrit par : la discrète | 29/08/2006

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