22/05/2006

Petit hymne à la vie.

 

Et si la vie c’était un peu plus souvent ça…

Et si les ventres convexes que je vois passer par centaine sous mes fenêtres, ne venaient que de ce miracle là.

Et si j’avais reçu l’enseignement de poètes chevelus et non de profs de sciences…

 

Voici ce que Maupertuis écrit dans son traité La Vénus Physique, en 1714 (*) :

 

« VIE : Il serait plus préférable de songer à en jouir que d’en perdre les moments à chercher ce qui l’a précédée et ce qui doit la suivre. »

 

« Pour expliquer maintenant comment cette liqueur dardée dans le vagin va féconder l’œuf, l’idée la plus commune, et celle qui se présente d’abord, est qu’elle entre jusque dans la matrice dont la bouche alors s’ouvre pour la recevoir ; que de la matrice, une partie, du moins ce qu’il y a de plus spiritueux, s’élevant dans les tuyaux des trompes est portée jusqu’aux ovaires que chaque trompe embrasse alors, et pénètre l’œuf qu’elle doit féconder. Cette opinion, quoiqu’assez vraisemblable, est cependant sujette à plusieurs difficultés.

La liqueur versée dans le vagin, loin de paraître destinée à pénétrer plus avant en retombe aussitôt, comme tout le monde sait.

On raconte plusieurs histoires de filles devenues enceintes sans l’introduction même de ce qui doit verser la semence du mâle dans le vagin, pour avoir seulement laissé répandre cette liqueur sur les bords. On peut révoquer sans doute ces faits que la vue du Physicien ne peut guère constater, et sur lesquels il faudrait en croire les femmes toujours peu sincères sur cet article. Mais il semble qu’il y ait des preuves plus fortes, qu’il n’est pas nécessaire que la semence du mâle entre dans la matrice pour rendre la femme féconde. Dans les matrices de femelles de plusieurs animaux disséqués après l’accouplement, on n’a point trouvé de cette liqueur.

On ne saurait cependant nier qu’elle y entre quelquefois. Un fameux Anatomiste en a trouvé en abondance dans la matrice d’une génisse qui venait de recevoir le taureau. Et quoiqu’il y ait peu de ces exemples, un seul cas où l’on a trouvé la semence dans la matrice, prouve mieux qu’elle y entre que la multitude des cas où  l’on n’y en a pas trouvé, ne prouve qu’elle n’y entre pas.

Ceux qui prétendent que la semence n’entre pas dans la matrice, croient que versée dans le vagin, ou seulement répandu sur les bords, elle s’insinue dans les vaisseaux dont les petites bouches la reçoivent et la répandent dans les veines de la femelle. Elle est bientôt mêlée dans la masse du sang, elle y excite tous les ravages qui tourmentent les femmes nouvellement enceintes : mais enfin, la circulation du sang la porte jusqu’à l’ovaire, et l’œuf n’est rendu fécondé qu’après que tout le sang de la femelle a été, pour ainsi dire, fécondé. »     

 

 

Maupertuis, in La Venus Physique, 1714.

  

(*)ce texte est issu des collections numérisées de la bibliothèque nationale française, en ligne sur le site Gallica dont vous trouverez un lien sur ce blog. Et je vous recommande au passage de perdre votre temps sur le site du Projet Gutenberg (mine de textes classiques et plus irrévérencieux) et sur le site Internet Culturale (pendant italien de Gallica)…

10:57 Écrit par Lucas Violin | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour Lucas, Suite à ton passage chez moi, je découvre ton univers plein de mots, ça ne peut me déplaire. A bientôt donc...

Écrit par : artatum | 22/05/2006

tout perd de sa valeure il ne faut pas trop s'user
user les mots c'est les effacer, les confondre à l'oubli
il faut préserver, bien macher avant d'avaler
Je te fâit un cadeau et tu le prends , tu le garde dans la main
tu l'aime, tu le protège, tu y prends garde soigneusement,
soigner c'est nourrir, semer
Aimer c'est constamment prendre garde, être éveillé
à chaque instant

Écrit par : D | 22/05/2006

Les commentaires sont fermés.